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2024

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FORSE VENTO / 
PEUT-ÊTRE LE VENT

Andrea Poncioni

«Ces poèmes, de forme brève, saisissent sur un rythme vif des moments de vie dans une langue qui émeut et amuse. Évoquant l’amour et le désir, célébrant la vitalité de la nature et de ses créatures, le recueil Forse vento / Peut-être le vent raconte aussi l’enfance, le passage du temps et le présent. Comme dans une mosaïque, les poèmes mêlent par petites touches, humour et gravité, sensations et émotions, beauté et trivialité du quotidien dans un même mouvement jubilatoire.»

Présentation de Sara Privat

Né en 1955, Andrea Poncioni écrit dans sa langue natale, l’italien, depuis plus de 50 ans. C’est la rencontre avec le poète Daniele Morresi, auquel il confie ses poèmes, qui lui donne l’envie de partager ce qui était resté intime pendant des années. Après une vie marquée par l’engagement social et le travail dans le monde de la santé, l’ancien directeur de maisons de retraite se consacre aujourd’hui pleinement à la poésie.

La Casa del Tè

LA CASA DEL TÉ / 
LA MAISON DE THÉ

Daniele Morresi

«La maison de thé est à la fois peuplée et solitaire, fermée et ouverte, dépouillée et ornée, mélodieuse et silencieuse, plantée dans le présent et hors du temps. On y célèbre le mystère du quotidien, l'ébullition de l'eau et le partage d'une boisson. Dans la maison de thé, on prête attention à l'attention, avec l'essentialité de tous les rituels qui s'expliquent en les vivant et qui échappent aux explications rationnelles, prétentieuses et rhétoriques. 
Le poète nous attend à l'entrée. Sa poésie est une main tendue, un geste simple qui signifie des choses profondes: un salut, une exhortation, un souhait, une indication, un doute. Le poète nous demande d'être présents à nous-mêmes en lisant ses mots qui, dans son long dialogue avec le présent, se sont faits peu nombreux et nécessaires.»
Extrait de l’avant-propos de Matteo Pedroni

Né en 1970 à Massagno dans le canton du Tessin, Daniele Morresi arrive à Genève, où il enseigne l’italien à l’École internationale de Genève depuis 2003. À côté de l’enseignement, il a publié aux Éditions Samizdat les recueils bilingues I dolci di Baghdad / Les douceurs de Bagdad en 2015 et In un giardino dipinto / En un jardin peint en 2017, traduit en français par son collègue et ami Luc Hamzavi. Aux Éditions Notari est apparu son recueil d’inscriptions publiques Ready-made Genève / Poèmes en 2021. En collaboration avec les poètes Cesare Mongodi et Andrea Poncioni, Morresi a fondé en 2023 l’Association et maison d’édition Pinkopalino pour la promotion de la poésie contemporaine en Romandie.

2025

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REQUIEM POUR UNE CIGARETTE

Iris Mizrahi

La forme brève de la prose. Forme condensée, ciselée, elle est en fait une variation de la composition poétique plutôt qu’un genre mineur dans la gamme des textes en prose. Ce bref récit pétillant d’humour et de génie, tout grâce et poésie, léger comme une hirondelle et profond, mine de rien, comme un océan, est une méditation sur l’entrelacement de la vie et de la mort, du plaisir et de la fragilité de l’être, une réflexion autour de l’écriture, du temps, du clinamen de Démocrite (je le dis comme cela parce que le De rerum natura de Lucrèce est pour moi l’une des références poétiques et philosophiques essentielles). Désormais, je préfère de loin Requiem pour une cigarette d’Iris Mizrahi à Sein und Zeit de Heidegger, un ouvrage qui m’est cher, mais exagérément difficile à lire !

Extrait de l'avant-propos de Alessandra Lukinovich

Née en 1969 à Jérusalem, Iris Mizrahi grandit à Genève et se passionne pour le dessin, l’écriture et la photographie. Elle revient dans sa ville natale pour y étudier aux Beaux-Arts, y met au monde ses deux enfants puis, après dix années intenses, ramène son petit monde à Genève où il fait quand même mieux vivre. En parallèle de ses projets photographiques, elle traduit de l’hébreu en français pour les Éditions Labor et Fides et publie à compte d’auteur quelques romans d’autofiction. À la faveur d’une rencontre avec Alessandra Lukinovich, le récit poétique Requiem pour une cigarette, initialement écrit pour une lecture unique, est publié dans la collection «Les billes» des Éditions Pinkopalino. Iris Mizrahi est rédactrice au DIP depuis près de 20 ans.

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GRAFFITI SOTTO LA PELLE / 
GRAFFITI SOUS LA PEAU

Cesare Mongodi

Arrimé aux points concrets de la vie scolaire, comme le papier griffonné, le pupitre, les corrections, l’odeur de la classe, la remise des notes, la sonnerie, la salle des maîtres […] chaque poème examine de l’intérieur l’émotion complexe qui s’y rattache. Au gré des moindres recoins, l’écriture subjective traque les non-dits, restituant leur gravité, leurs contours, leur déchirure, avec franchise. Autant de drames ou d’incongruités, rarement saisis en littérature, et qui dessinent les troubles de conditions douloureuses et précaires. […]

L’école n’est plus dans cette poésie le lieu de culture des savoirs et de la raison. C’est vers le souffle, les corps et les respirations que le poète engage son écoute, et la nôtre. Empêtrée dans les contraintes et les contradictions qui obstruent le plus souvent la vie, percluse de codes et de pactes tacites qui l’éloignent de la communication vraie, l’école se prive de tout enjolivement et de toute nostalgie. Pourtant on dirait qu’il ne manque pas grand-chose pour que l’imagination, l’énergie de la métaphorisation et le plaisir prennent joyeusement le pouvoir dans la classe : y laisser bouger les corps, circuler un chat, pousser des plantes, allumer des bougies, théâtraliser des idées, s’élever des silences. Mais au gré du recueil c’est surtout un vœu de retranchement et de déconstruction qui point: moins de notes, de rails et de railleries, moins de briques, de cloisons et de lignes. Trêve de par-chœur, de classements et de listes. À quand la fin des dominations et du mépris? Comment décorseter l’imposture, l’uniforme et l’armure?

Extrait de la préface de Nathalie Brillant Rannou

Né en 1963 de parents italiens, après avoir travaillé pendant trois ans dans la finance internationale, Cesare Mongodi enseigne le français, l’italien et la communication au Gymnase de Morges où il exerce la médiation scolaire et a animé plusieurs cours d’écriture créative. Il accorde une large place à l’affect, au mouvement corporel et à la créativité des élèves en s’inspirant aussi de dispositifs théâtraux; a pratiqué le théâtre d’improvisation et danse le tango depuis plusieurs années. Après avoir publié deux recueils de poèmes en français (Pieds-de-biche et Ciao Papà, Samizdat, Genève, 2009 et 2012), il écrit en italien – sa langue maternelle – et s’auto-traduit en français. Une sélection de poèmes consacrés à l’école paraît dans l’Anthologie de la poésie suisse d’aujourd’hui, 45 poètes (Bacchanales, n.64, 2021); une sélection de poèmes sur le tango dans la revue en ligne Carnets de Poédiles. En 2022, grâce à un congé sabbatique, il étudie des méthodes pédagogiques novatrices pour stimuler l’enseignement de la poésie auprès de la professeure Nathalie Rannou de l’Université de Rennes 2. Choix de poèmes, entretiens et traductions sur le site cesaremongodi.com. Depuis 2023, Cesare Mongodi codirige avec les poètes Daniele Morresi et Andrea Poncioni la maison d’édition Pinkopalino.

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MAI DOVE TU ERI /
JAMAIS OÙ TU ÉTAIS

Donata Berra

Un des aspects caractéristiques de l’œuvre de Donata Berra est le dialogue très dense entre les plans sémantique et sonore. Si le sens prime naturellement dans une majorité de textes, dans d’autres la première place revient assez manifestement aux sonorités. Dans quelques poèmes, ni l’un ni l’autre ne semblent jamais véritablement l’emporter, exigeant du traducteur un jeu d’équilibriste délicat mais passionnant.

Cependant, le trait qui rend la poésie de Donata Berra si vivante est ce que j’appellerai une tendance (presque innée) au «dialogique». La poète semble ne pas pouvoir s’empêcher d’adresser la parole à différentes entités, très souvent à la deuxième personne, et les «vocatifs» sont légion. Ses «personnages» – des plus humains et concrets aux éléments presque abstraits – sont multiples : enfants et jeunes filles, femmes séduisantes, vieillards, personnes ordinaires, artistes ou architectes, peintres, anges, lavandières, sans oublier la «ménagerie» des chats, chiens, crabes, coqs.

Toutefois, la caractéristique qui plus que toute autre a séduit le lecteur et le traducteur que je suis est sans aucun doute la sensualité qui transparaît dans un grand nombre de poèmes, et la manière dont celle-ci est exprimée – voire «mimée» – par la langue. Et surtout la sensualité et l’élégance avec lesquelles ces deux niveaux – le sens et les sonorités – se font constamment écho. 

Extrait de l’avant-propos de Renato Weber

Donata Berra est née en 1947 à Milan, où elle a obtenu une licence ès lettres à l’Università Statale avec un mémoire en histoire de la musique consacré au Wozzeck d’Alban Berg. Un séjour de plusieurs années en Allemagne lui a permis d’approfondir ses connaissances en allemand et en musicologie. En 1974 elle s’installe à Berne. Elle y enseigne la langue et la littérature italiennes à l’université de 1981 à 2012. En qualité de traductrice littéraire, elle a transposé en italien les œuvres en langue allemande d’écrivains tels que Wolfgang Hildesheimer («Mozart»), Klaus Merz («Jakob schläft / Jacob dorme»), et Friedrich Dürrenmatt (entre autres, «Der Richter und sein Henker / Il giudice e il suo boia», «Das Versprechen / La promessa», «Minotaurus / Minotauro»).

Jusqu’à présent, elle a publié six recueils de poèmes : «Santi quattro coronati» (Edizioni Casagrande), «Tra terra e cielo, Zwischen Erde und Himmel» (Verlag Im Waldgut), «Maria, di sguincio, addossata a un palo, Maria, schräg an einen Pfosten gelehnt» (Verlag im Waldgut), «A memoria di mare» (Edizioni Casagrande), «Maddalena» (Limmat Verlag), et «La linea delle ali» (Manni editore).

2025 © Pinkopalino

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